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Mobilités spatiales et dynamiques organisationnelles

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Mobilités spatiales et dynamiques organisationnelles

Message  Admin le Mar 20 Déc - 18:20

Date limite de soumission : 17 février 2012

Le monde contemporain se caractérise par un potentiel de mobilité spatiale croissant, fruit de
la conjonction de l’essor des Nouvelles Technologies de l’Information et de la
Communication ; de l’accroissement de l’offre de transport à plus ou moins longue distance
(amélioration des infrastructures autoroutières, développement des réseaux de train à grande
vitesse, accroissement des capacités de transport aérien de fret et de passagers et réduction
de son coût) ; et d’une diminution considérable des barrières à la mobilité, qu’elles soient
politiques (abaissement des barrières douanières) ou psychologiques (homogénéisation des
modes de vie liée à la mondialisation).
Cette réalité a pu conduire certains (voir notamment Friedman, 2005) à proclamer l’abolition
des contraintes géographiques pesant sur les comportements organisationnels. Ces
affirmations s’accompagnent parfois d’un éloge des pratiques de mobilité spatiale des
entreprises, incitées à reconfigurer sans cesse leurs activités pour faire face à un
environnement concurrentiel en rapide évolution, notamment en s’affranchissant des
« attachements inopportuns » (Finkelstein et al., 2009) à certains territoires marqués par le
déclin économique ou par l’accroissement des coûts d’usage des ressources qu’ils recèlent.
Plusieurs éléments convergents invitent toutefois à un constat plus nuancé. S’il s’est accru
dans la période récente, le potentiel de mobilité spatiale offert à l’échelle planétaire n’est pas
sans limites. Les débats publics qui persistent autour des délocalisations peuvent ainsi être
interprétés comme le reflet d’un écart grandissant entre les perceptions de salariés peu
mobiles géographiquement pour des raisons familiales, culturelles et/ou financières et le
champ d’action de plus en plus globalisé des investisseurs et des dirigeants de firmes
multinationales (Chanteau, 2001 ; Spicer, 2006). De même, les indicateurs mis en avant par
Ghemawat (2011) montrent qu’organisations et individus mobilisent dans des proportions
encore limitées ce potentiel accru de mobilité internationale. Enfin, les dynamiques -
largement documentées - de clusterisation, qu’elles soient le pur produit des interactions
entre acteurs privés ou qu’elles soient impulsées par des politiques publiques volontaristes
(par exemple, en France, les programmes visant à constituer des pôles de compétitivité
labellisés), sont également de nature à infléchir la mobilité organisationnelle et individuelle
dans l’espace géographique.
La mobilité spatiale apparaît comme un concept polymorphe (voir notamment Urry, 2000),
tant dans sa nature (elle est à la fois un potentiel et une réalité avérée) que par la diversité de
ses objets (elle peut donc concerner des activités économiques, des êtres humains, mais
aussi des biens physiques, des informations ou des capitaux),ou encore par la variété de ses
manifestations (elle peut être permanente ou temporaire, tels les déplacements quotidiens
domicile-travail ; elle peut s’effectuer sur des distances plus ou moins longues ; elle peut être
volontaire ou contrainte…).
Dans ces conditions, la rupture introduite par la période récente dans les comportements de
mobilité ne peut être que relativisée. La mobilité spatiale a toujours été un élément constitutif
2
des sociétés humaines, comme en témoignent le peuplement progressif de la surface du
globe aux âges préhistoriques ou encore les vestiges des routes de la soie et de l’encens. Et
elle a toujours coexisté - non sans conflits- avec l’immobile. Les évolutions en cours dans les
comportements de mobilité des organisations doivent donc être appréhendées de manière
plus fine afin de mettre à jour la manière dont ces organisations reconfigurent la part du
mobile et de l’immobile dans leur fonctionnement interne mais aussi dans leurs relations avec
leur environnement physique et institutionnel. En outre, ces reconfigurations ne peuvent
s’appréhender simplement en termes de degré de mobilité, mais plutôt au travers des
modifications dans les objets, les formes et les échelles géographiques de la mobilité
spatiale. Les enjeux d’un tel effort d’analyse sont importants tant pour les chercheurs en
sciences de gestion, dans la mesure où ils participent à une meilleure compréhension de
l’inscription des comportements organisationnels dans l’espace géographique (Lauriol et al.,
2008), que pour les praticiens de la gestion et les décideurs publics, afin de comprendre en
quoi les nouvelles connexions que cette mobilité spatiale génère affectent la situation des
entités dont ils ont la charge. La complexité, l’actualité et les implications multiples du
concept de mobilité spatiale appliqué aux comportements organisationnels ouvrent donc de
nombreuses pistes de recherche qui sont aujourd’hui loin d’être épuisées.
L’objectif de ce dossier spécial est de faire le point sur les recherches interrogeant le lien
entre mobilités spatiales et dynamiques organisationnelles. Par organisations, nous
n’entendons pas seulement les entreprises, même si un intérêt particulier leur est porté. Il
s’agit également de s’interroger sur les pratiques de mobilité existant dans d’autres types
d’organisations (administrations publiques, ONG, partis politiques, organisations
religieuses…). Le champ d’investigation de ce dossier couvre aussi bien l’étude des formes
de la mobilité spatiale que l’analyse de ses déterminants et de ses effets pour les différents
acteurs concernés.
Les propositions de contribution à ce dossier spécial pourront notamment traiter des
questions suivantes :
– Quelles sont les incidences de la mobilité spatiale accrue des biens, des idées, des
capitaux, des individus et des organisations sur les comportements stratégiques, les
configurations organisationnelles, les modes de management, et, plus largement, sur les
modalités de fonctionnement des entreprises ?
– Quelles sont les entreprises qui mobilisent le plus volontiers le potentiel de mobilité
offert par le monde contemporain, sous quelles formes et pourquoi ? Quels effets ce recours
à la mobilité a-t-il sur leur fonctionnement et leurs performances ?
– Dans quelle mesure et dans quelles circonstances les décideurs publics choisissent-ils
d’accompagner ou de contrer cette mobilité ? Avec quels moyens et pour quelle efficacité ?
Comment s’articulent, dans les politiques publiques, les dispositifs d’attraction de nouvelles
entreprises et activités (qui favorisent la mobilité) et les dispositifs de fidélisation (qui visent à
ancrer les entreprises dans le territoire) ?
– Quelles sont les relations existant entre la mobilité géographique individuelle et la
mobilité spatiale des entreprises (transferts d’activités ou d’établissements,
délocalisations…) ?
– Quelles sont les conséquences de la mobilité spatiale d’une entreprise ou de certaines
de ses activités sur la nature et la qualité des relations entretenues avec d’autres
organisations (clients, fournisseurs, concurrents, entreprises voisines ; établissements
d’enseignement supérieur, laboratoires de recherche publics…) ? Cette mobilité est-elle
susceptible d’avoir des effets de contagion, et, si oui, quels sont les mécanismes expliquant
ces effets de contagion ?
– Comment s’articulent, dans les entreprises, le mobile et l’immobile ? Quelles tensions cette
coexistence est-elle susceptible de créer ? Quelles modifications le potentiel accru de
mobilité évoqué en introduction a-t-il provoqué dans cette articulation ?
– Quelles sont les formes, déterminants et conséquences spécifiques de la mobilité spatiale
dans les organisations à but non lucratif ?
3
Cette liste n’est bien évidemment pas exhaustive. Cet appel à contributions, qui s’inscrit dans
le prolongement du 5° atelier de recherche du Groupe Thématique AIMS/ASRDLF
« Stratégies, Espaces et Territoires » organisé le 25 novembre 2011 à l’Université Paris-Sud
en collaboration avec le Groupe de Recherche Thématique « GRH et Territoires » de
l’AGRH, se veut ouvert, aussi bien en termes de questionnement qu’en termes de démarche
méthodologique, de terrain étudié ou encore de cadre théorique mobilisé. Les contributeurs
potentiels sont en particulier invités à exploiter le potentiel de fertilisation croisée existant
entre les disciplines des sciences de gestion, de la géographie, des sciences économiques,
de la sociologie et tout autre champ disciplinaire pertinent. Toutes les contributions
permettant de faire avancer, à partir de données empiriques, la compréhension du rôle de la
mobilité spatiale dans les comportements organisationnels sont les bienvenues. Cet appel
est également ouvert aux travaux s’interrogeant sur les usages possibles de la notion de
mobilité spatiale (ou géographique) dans le champ des sciences de gestion. Enfin, des
papiers méthodologiques et épistémologiques pourront être acceptés dans la mesure où ils
proposent des apports significatifs en vue de développer ces usages.
Les propositions d’article devront être envoyées avant le 17 février 2012 aux adresses
suivantes : denis.chabault@u-psud.fr, elodie.loubaresse@u-psud.fr ou bertrand.sergot@upsud.
fr en mentionnant le titre de ce dossier spécial « Mobilités spatiales et dynamiques
organisationnelles ».
Les articles doivent respecter les consignes de la revue disponibles sur le serveur :
http://rfg.revuesonline.com. Ils feront l’objet d’une évaluation en « double aveugle ».
Bibliographie générale
Chanteau J.-P. (2001), L’entreprise nomade, localisation et mobilité des activités productives,
L’Harmattan, Paris.
Finkelstein S., Whitehead J. et Campbell A. (2009), « How Inappropriate Attachments can
Drive Good Leaders to Make Bad Decisions », Organizational Dynamics, vol. 38, n°2, p. 83-
92.
Friedman T.L. (2005), The World Is Flat: A Brief History of the Twenty-First Century, Farrar,
Straus and Giroux, New York.
Ghemawat P. (2011), World 3.0: Global Prosperity and How to Achieve It, Harvard Business
Press, Cambridge, MA.
Lauriol J., Perret V. et Tannery F. (2008), « Stratégies, espaces et territoires. Une
introduction sous un prisme géographique », Revue Française de Gestion, n°184, p. 91-103.
Spicer A. (2006), « Beyond the convergence-divergence debate: The role of spatial scales in
transforming organizational logic », Organization Studies, vol. 27, n°10, p. 1467-1483.
Urry J. (2000), Sociology beyond Societies: Mobilities for the Twenty-First Century,
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