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1/10/2012 - LYON-Soutenance de Thèse : Eléments pour la prise en compte de l’habitude dans les pratiques de déplacements urbains

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1/10/2012 - LYON-Soutenance de Thèse : Eléments pour la prise en compte de l’habitude dans les pratiques de déplacements urbains

Message  Admin le Jeu 20 Sep - 13:05

La thèse de doctorat en Urbanisme de Thomas Buhler a pour titre :
Eléments pour la prise en compte de l’habitude dans les pratiques de déplacements urbains. Le cas des résistances aux injonctions au changement de mode de déplacement sur l’agglomération lyonnaise.

Directeur de thèse : Jean-Michel Deleuil, Professeur, INSA de Lyon

Jury :

Vincent Kaufmann, Professeur, EPFL, Lausanne
Francis Beaucire, Professeur émérite, Université Paris 1 - Panthéon Sorbonne
Rémi Barbier, Professeur, ENGEES, Strasbourg
Thomas Thévenin, Professeur, Université de Bourgogne, Dijon
Olivier Brette, Maître de conférences, INSA de Lyon

Résumé :

Depuis une trentaine d’années en France, les politiques de déplacement visent une réduction de l’usage de l’automobile en ville. Dans le cas de l’agglomération lyonnaise, émerge au cours des années 90 une volonté de la collectivité de faire évoluer les comportements modaux, qui se traduit par des politiques de déplacement spécifiques. En suivant diverses formulations (report modal, intermodalité, multimodalité) et niveaux de contrainte sur l’usage des modes (incitatif et restrictif), ces politiques impactent les environnements urbains (stationnement, infrastructures, partage de la voirie …), et s’accompagnent dans les années 2000 de dispositifs communicationnels et informationnels visant à obtenir un changement de pratiques de la part des usagers. Les injonctions de la collectivité au changement de mode peuvent ainsi prendre des formes implicites ou explicites. Les injonctions implicites traduisent l’hypothèse d’une rationalité instrumentale prédominante chez l’usager-acteur, à la recherche de l’alternative « optimale » et modifient en conséquence l’environnement urbain au profit des modes « alternatifs » à la voiture. Les injonctions explicites s’adressent quant à elles à un usager, dont la rationalité serait davantage axiologique et s’attachent à le convaincre de changer de pratique par des campagnes de communication destinées à promouvoir des vertus et des valeurs associées aux modes alternatifs.

A Lyon comme ailleurs, ces politiques ne sont pas couronnées du succès espéré. L’adhésion aux dispositifs mis en place n’est pas massive, de sorte que nous constatons de fortes résistances aux injonctions au changement de mode de déplacement. Que l’usage de la voiture reste prépondérant dans les espaces peu denses ne surprend pas, mais la résistance au changement de mode concerne également les communes centrales, denses et correctement desservies par les modes alternatifs. Nous en concluons que les hypothèses de la rationalité instrumentale et/ou axiologique de l’usager de la voiture ne suffisent pas à couvrir les raisons de la pratique automobile.

En outre, la littérature de la recherche sur les déplacements urbains ne dit guère plus que ces deux hypothèses sur les comportements de mobilité. Que les approches scientifiques du choix modal reposent sur une théorie de la décision ou mobilisent les structures sociales pour expliquer les comportements, elles ne parviennent pas à expliquer et à rendre compte des résistances aux injonctions. Pour contribuer à cette réflexion, nous faisons l’hypothèse que le concept d’habitude peut utilement être convoqué, pour dépasser les dualismes « individu-structure » ou « choix-déterminisme », et permettre une lecture plus phénoménologique des pratiques de déplacements quotidiens. Par l’habitude, nous touchons aux apprentissages, aux processus d’intériorisation et d’incorporation dans l’acquisition de savoir-faire et de potentiels d’action qui peuvent expliquer de par leur inertie les résistances au changement. Afin d’identifier les formes et le rôle des habitudes dans les comportements de déplacement quotidien, nous avons développé une méthode originale en deux temps : le recueil de commentaires enregistrés par les acteurs-usagers en situation de déplacement automobile, puis un questionnaire qui nous a permis de comparer deux groupes d’usagers de la voiture, distingués par ce que nous appellerons la force de leur habitude automobile. Nous montrerons en quoi la force de l’habitude, constituée de trois dimensions (psychique, temporelle, spatiale) permet d’expliquer la résistance des usagers aux injonctions au changement de mode. Nous conclurons par la remise en cause des politiques de déplacement injonctives, et par la proposition de nouvelles perspectives tant opérationnelles que théoriques.
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